A lire la lettre et nouveau livre 3

15/03/2026 : NORMES ENVIRONNEMENTALES

     Point de vue

 

Quelques semaines avant les élections municipales, qui en France se déroulent généralement tous les six ans, les sortants se représentant mettent en avant leur bilan. Loin d’être une évaluation exhaustive, leurs actions sont toujours, et en tout point, exposées comme majeures et positives. De plus, ils insistent sur les relations privilégiées qu’ils ont eues avec les habitants, et toutes les concertations publiques qu’ils ont pu mettre en place. Ainsi, en multipliant les consultations, les réunions d’échanges, les débats, voire les enquêtes publiques, ils prouvent leur dynamisme et le grand intérêt qu’ils portent aux besoins de la population locale. D’ailleurs, plus les communes organisent ces rencontres, qualifiées de « démocratie participative », plus les habitants reprennent confiance dans les élus. Mais qu’en est-il réellement ?

Lorsqu’on regarde du côté des listes d’opposants, on constate immédiatement que les appréciations ne sont pas tout à fait les mêmes. Bien au contraire. Les exemples seraient nombreux mais prenons simplement deux remarques publiées dans deux communes. Dans l’une d’elles, il était précisé : « Non aux mensonges […]. Récupérons le réflexe de la concertation […]. Oui, pour écouter les points de vue différents et aboutir à des solutions concertées. » Dans l’autre, on pouvait lire : « Bien trop souvent les décisions sont prises sans concertation, et laissent les habitants à distance des choix. Rétablissons un lien de confiance entre citoyens et élus. » On pourrait admettre que ces avis ne font partie que d’une rhétorique d’opposition, une logique de communication, faites pour affaiblir et surtout dénoncer l’autoritarisme des équipes en place. Cependant, d’après les données statistiques, on remarque que deux tiers des Français n’ont pas connaissance des démarches de démocratie participative dans leur commune. De plus, lors de consultations, les décideurs ne tiendraient pas compte des opinions et des attentes des habitants. Enfin, 83 % des interrogés souhaiteraient qu’il y ait plus de concertation.

Au regard des points précédents, il est évident que la distorsion entre les avis des élus et les ressentis des habitants devient patente. Même une concertation, qui signifie a priori la mise en place de quelque chose en commun, peut être perçue comme la préparation d’un mauvais coup. Cela montre que la démocratie représentative, qui a longtemps été perçue comme la panacée universelle, devient en grande partie bancale, voire inappropriée. On en arrive à la fin d’un processus qui faisait que chacun donnait sa voix et légitimait le principe de délégation (ou de soumission). Si « les choses dont on discute ne touchent les électeurs que de loin », comme le relevait Noam Chomsky, on peut comprendre le désintérêt croissant pour ce type d’élection (en mettant à part la distinction entre grandes villes et milieu rural). En effet, le taux de participation au premier tour des élections municipales, qui était de 56,25 % en 2008, de 54,72 % en 2014, est passé à 44,66 % en 2020. Cela voudrait peut-être dire qu’un individu doué de raison n’accepterait plus de sacrifier une part importante de sa liberté et de sa responsabilité à un représentant élu. Ainsi, nous sortirions de ce qu’Étienne de La Boétie nommait la servitude volontaire, afin d’entrer dans une ère de volonté de participation effective, très éloignée de l’omnipotence des pouvoirs locaux actuels.

Le souci est que cette soi-disant démocratie participative ne s’invente pas. Cela doit sous-tendre un véritable travail de groupe qui de nos jours est partiellement inexistant tant dans le champ éducatif et associatif que dans celui de l’entreprise ou de la politique. En fait, on peut penser que ceux qui aspirent à être élus n’ont aucun intérêt à faire participer les autres puisque leur seul but serait de conserver le pouvoir.


 

 


 

 


 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

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Chargée d’étude :
Corinne Berger
:             Juriste

 

Nathalie Chabaud :          Psychologue
Yves de Ribaupierre :      Physiologiste
Jean-Luc Roques :          Sociologue
Rémy Roussille :              Occitaniste
Catherine Meyer (USA) :  Linguiste

 

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Projets et Etudes en Atelier Local (PEAL) 
23, rue de la Tourette 66220 Ansignan : pealogue@wanadoo.fr

Créée en 1992 avec pour objet de réaliser des études en sciences sociales et humaines, l’association (Projet et Étude en Atelier Local) adopte le principe de travailler systématiquement par ateliers de réflexions.
Soucieuse des questions liées à l’environnement, elle concentre aujourd’hui toute son action autour de cette thématique.
 

Tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il est impératif de préserver les milieux et les espaces, tout en laissant la pollution des sols gagner du terrain. Tout le monde semble d’accord pour promouvoir des mesures en matière d’urbanisme, tout en laissant faire le marché de l’immobilier.
Tout le monde semble soucieux de garantir la santé des populations contre la dégradation atmosphérique, tout en fermant les yeux sur les industries polluantes. Tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il faut transformer les choses, sans véritablement vouloir les modifier. 

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour envisager de considérer l’environnement et ses composants comme devant relever du patrimoine mondial. Mais dans le même temps, les territoires, nationaux, régionaux ou locaux, revendiquent la gestion unilatérale de leurs espaces. Toutes les actions semblent alors buter sur un ordre territorial qui se veut tout-puissant. On voit avec stupeur que, malgré les divers appels et certaines prises de conscience, rien ne semble changer. 

La situation continue à empirer lentement mais sûrement. On peut être agacé par ces contradictions, mais les faits sont là bien présents, face à nous. Tout le monde se met des œillères et évite d’envisager le pire. Ceux qui le peuvent se referment sur un quant-à-soi, un espace propre et sécurisant. Ainsi, comme l’écrit Lascoumes avec grande clairvoyance « Dans les représentations communes, l’environnement est réduit à une notion égoïste et appropriative qui ne traite que de l’espace de vie immédiat en ramenant tout à lui ». Tout le monde s’intéresse alors à ce qui l’environne, mais en aucun cas à l’environnement.

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